Saint Thurin. Chronique du XVIII ème siècle. Un mariage d’amour.

Le 19 février 1776, l’église de Saint Thurin est le théâtre d’un mariage inattendu :

L’union entre le sieur François Charrein, Archer du Roy, Garde de la Connétablie et Maréchal de France (*) avec Demoiselle Michelle Ponchon.

Copie d’une Gravure du XVIII°siècle

François est originaire de Noirétable, il réside à Saint Didier sous Rochefort ; âgé de 37 ans, il est le fils d’un Lieutenant des Fermiers Royaux, lequel doit commander la brigade des « Gabelous » de Cervières. Ce n’est pas un noble, mais un notable de haut rang.

Michelle vient de Pommier en Forez ; âgée de 26 ans est la fille d’un marchand probablement aisé.

A priori Jean Rioux curé de Saint Thurin n’a aucune vocation à bénir ce mariage, sinon que…

Il y a une opposition du côté de l’époux, formée par son frère, Maître Charrein, notaire de son état. L’opposition peut s’expliquer par souci d’espérer un meilleur parti au frère guerrier afin de conserver le patrimoine entre gens de qualité, voire de l’augmenter d’une forte dot.

Mais François ne l’entend pas ainsi, il fait jouer ses relations. Il obtient une main levée, sur l’opposition, signée de Monseigneur de Perroneau, Vicaire Général de Lyon. Néanmoins il ne peut se marier avec tout le faste dû à son rang. Le couple est obligé de se contenter d’une cérémonie presque furtive, les témoins ont été choisis sur place, ils n’ont aucune parenté avec l’un des deux partis. Ils se nomment : Jean Rodamel dit le jeune, cordonnier de son état, de Jean Baptiste Rochon, vigneron et de jean Béal journalier. Tous trois résident au bourg de Saint Thurin et sont de « basse extraction ».

Ils furent heureux, mais l’histoire ne dit pas s’ils ont eu une nombreuse descendance. Toutefois on retrouve François et Michelle dans plusieurs ouvrages qualifiés d’archives.

Le mariage dont je recopie l’acte ci-après, n’aurait jamais dû avoir lieu dans la paroisse de st Thurin. Une opposition familiale du côté de l’époux a nécessité des autorisations spéciales de la part des autorités religieuses. Pour cela il a certainement fallu, au mariés ignorer leurs paroisses d’origine.

Le 19 février 1776,

Sieur Franchois CHARREIN, archer garde de la Connétablie et Maréchal de France, originaire de Noirétable, résidant en la paroisse de St Didier/R où il a son domicile de fait y ayant demeuré plusieurs années garçon majeur et maître de ses droits

Mademoiselle Michelle Ponchon fille de sieur Jean demeurant au bourg de Pommier et à Marie VENETTE L’épouse répondant de l’authorité de son père qui l’a authorisé par y présenter d’autre part

(ici un paragraphe pratiquement illisible laisse un flou dans la compréhension du texte)

Publications exposées une fois, signées du vicaire général de Perreneau de Lyon

Et ausi la remise de mr ROCHE, curé de St Didier qui a renvoyé devant moy les parties pour y recevoir la bénédiction nuptiale La remise signée du 17 du présent mois qui atteste la main levée sur l’opposition formée par Me CHARREIN notaire frère de l’époux dont nous avons la sentance signée de Mr de perroneau vicaire général et vice gérand de l’officialité de Lyon et de baron Greffier ont été unis par les liens sacrés du mariage en face de notre maire (1) l’église par moy soussigné vicaire de st Thurin en présence du père de l’épouse, de Jean RODAMEL le jeune cordonnier, de Jean Baptiste ROCHON fils de Mathieu vigneron, de jean BEAL journalier tous trois du bourg de st Thurin qui ont déclarés ne savoir signer de ce enquis et sommé

Les époux ont signés avec moy

Curé RIOUX

(1) prémonition ?

De plus on peut supposer que le mariage s’est déroulé en catimini, car les témoins sont des gens modestes « réquisitionnés » sur place et aucun membre de la famille du marié n’est cité, « ce qui est d’usage chez les gens de bonne extraction. »

(*) La Connétablie, est une haute juridiction militaire dont les Juges sont Des Maréchaux de France.