Chronique de Saint Thurin, un Village de France – (suite) janvier 2016

– Chroniques de Saint Thurin un Village de France – (suite)

Le plus beau fleuron de l’économie est le commerce, son meilleur outil, la voie de communication. Chaque agglomération est une ruche productrice de mille denrées, objets d’arts ou nécessaires à la vie courante.
Avant la révolution, mais surtout avant l’ouverture de la voie de la vallée entre Boën et Thiers, Saint Thurin ne dépend pas qu’administrativement et spirituellement de Saint Martin la Sauveté, il en est également le subordonné économique. Donc tout ce qui n’est pas consommé sur place est remonté du centre vers la ligne de crête sur la voie Romaine, pour transiter vers la clientèle.

Trois petites lieues séparent les deux clochers, le chemin est alors fort malaisé. Surtout dans sa première partie qui ne cesse de monter en serpentant entre « pinateaux » et parcelles de vigne jusqu’aux hameaux du Mas, de Les Ménestrier et de Chez Solage.

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Premier aperçu du hameau en venant du bourg.

 

Là, la configuration du terrain, un petit plateau loti en petites parcelles permet élevage et cultures. Ce plat permet aux bœufs et aux chevaux tractant les lourdes voitures de souffler avant de reprendre l’ascension.
Prenons nous aussi le temps de faire une halte et faisons connaissance de quelques personnes qui résident en ces lieux. Il nous faut remonter au temps du bon Roi Henry IV pour découvrir Anthoine Michaud et Marie Sollage son épouse, Pierre Chambrade et Marie Fay dont rien ne précise s’ils étaient mariés. Il faut dire qu’avant 1850 la femme ne prend pas le nom du mari, elle porte toute sa vie son nom de naissance. L’existence de ces gens est attestée sur un authentique « vélin » daté de 1596 lequel écrit rédigé par Durand Grangeneuve, procureur du Roi à Saint Martin la Sauveté et Saint Thurin. Il s’agit d’une répartition d’accès à une source alimentant une « abéalure » d’irrigation vers diverses parcelles de terre cultivées. Ce document sera revu, modifié, aménagé au fil des décennies suivantes selon les héritiers et les hommes de lois.
-1647, André Grapel, laboureur de son état, prend pour épouse Martine de la Rue, elle aussi originaire du Mas. Le 4 septembre de cette année un contrat de mariage est établi précisant la somme revenant au dernier vivant de cette union.
-1665 Jean Arnaud épouse Martine Grappel et Jean Bargeat épouse Maryse Arnaud.
-1686 Jean Arnaudin Grapel, vigneron des Ménestrier, est décédé, sa veuve, Benoiste Michallet se voit remettre l’inventaire des biens du ménage; voulant se remarier un jugement l’oblige à en remettre une grande partie à la fratrie de feu Jean Arnaudin, néanmoins elle perçoit sa part et les sommes dues par les débiteurs.
-1713 Marie Arnaud et son époux Jean Bourganel sont condamnés à régler une somme due au Curé de St Etienne le Molard.
-1737 Jean Bourganel est décédé, son fils Mathieu, 22 ans, est la victime de Jean Valette, vigneron au Mas, il lui loue pour une somme symbolique la totalité de ses terres et biens immobiliers. Les terres ont été détournées de leur vocation première, provoquant ainsi une forte dévaluation.
Suite dans le n° 5